SANS PEUR ET SANS REPROCHE

Dernière mise à jour : 9 juil. 2020


La sentinelle veillait. Soudain dans la nuit noire, un bruit. "Qui va là" ?... cria la sentinelle en brandissant son arme. "Halte ou je tire" ! "Du calme", fit une voix, "je t'apporte les munitions".


Un bon pilote anticipe le prochain virage, un bon tennisman anticipe la réponse de l'adversaire, un bon joueur d'échec a un coup d'avance. Quand un homme se noie, peu importe la couleur de la bouée : on le sauve sans attendre qu'il soit au fond de l'eau. Mais s'il se noie régulièrement, apprenons lui à nager.


Gouverner, c'est prévoir.


Bien sûr, il est plus facile de critiquer.

La définition d'un économiste est bien connue : c'est quelqu'un qui nous explique aujourd'hui pourquoi il s'est trompé hier !

L'erreur est humaine que ce soit en politique, en économie, en sciences, comme ce prix Nobel de physique qui déclarait en 1905 qu'il était impossible de faire voler un objet plus lourd que l'air. Les connaissances scientifiques ne cessent de progresser. La vérité d’aujourd’hui ne sera pas celle de demain. Nous aimerions qu'un minimum d'honnêteté et d'humilité oblige à présenter des excuses et à reconnaître son erreur.


Le problème n'est pas une question d'intelligence mais de niveau de conscience qui entraîne une ouverture. Nous pouvons comparer la conscience à la vision de l'horizon. Plus l’observateur prend de l’altitude, plus l’horizon est vaste. Mais s'élever n'est pas suffisant. Regarder dans une seule direction impose une vue étroite.


L'idéal est de continuer de s'élever de plus en plus haut et de ne pas cesser de regarder dans toutes les directions. Au nom de la loi, au nom de la science, au nom du manuel, vaut-il mieux mourir intelligemment ou vivre bêtement ? Ne soyons pas bloqué sur une règle quelle qu'elle soit. Survivre, c’est aussi s’adapter.


Un jour, nous aurons le(s) traitement(s) du covid-19 avec des protocoles qui évoluent selon les connaissances. Mais quand ? Un jour apparaîtra un autre virus qui posera les mêmes problèmes avec les mêmes réponses. C'est une course sans fin nécessaire mais pas suffisante. Ne faudrait-il pas regarder le terrain récepteur, comprendre pourquoi 80% font peu ou pas la maladie et agir à ce stade ?



Reste la peur naturelle et celle exploitée pour mieux contrôler les foules. Ceux qui manipulent avec la peur ne devraient pas oublier le retour de bâton.

Il ne faut pas oublier que la peur comme tout stress diminue nos défenses immunitaires. Les conséquences à long terme risquent d'être pire que les avantages à court terme notamment sur le plan mental.


La peur engendre un réflexe de comportement aux stades oral et anal : d’où la précipitation sur l’alimentaire et le papier toilettes ! Un journaliste interroge un enfant de 7 ans, sa maman est infirmière hospitalière :


"Tu n'as pas peur de voir ta maman partir travailler" ? Cela rappelle l'interview d'un légionnaire dans le désert lors de la première guerre du golfe. "Vous n'êtes pas trop triste de laisser votre fiancée" ? Le journaliste a été renvoyé fermement dans les cordes.

Notre société aurait-elle engendré un manque de courage et un défaut de virilité ?


-"Nous sommes en guerre”, paraît-il. La peur rend prudent avant un combat, elle est néfaste pendant et compréhensible après.


Que faut-il comprendre derrière cette peur ? "Tous ces cercueils" lâche une dame de 80 ans en éclatant en sanglots, oubliant tous les morts "habituels" en Méditerranée, dans les guerres du Proche-orient et toutes celles de notre société, sur la route, les autres maladies, le tabac, l'alcool, les accidents domestiques, les épidémies etc, etc…

La mort des autres nous renvoie à la nôtre. Tant que l'homme d'occident et d'orient n'aura pas maîtrisé et dépassé le mystère de la mort, il aura cette angoisse, la peur du noir, la peur d’un virus, la peur du gendarme, la peur du confinement.


Un roi très cruel demanda au peintre de la cour de le peindre en pied. Mais en plus de sa cruauté, le roi était borgne et boiteux et c'était risquer sa tête que de représenter la réalité. Aussi l'artiste eut l'idée de peindre le roi un genou à terre, visant un oeil fermé avec un arc.


Nous n'avons aucun doute sur les intelligences brillantes qui dirigent ou conseillent. Le problème est d'ordre mental, "un petit mental", qui parasite et paralyse à tous les échelons. C'est la bureaucratie avec pour conséquence 90% d’inaction et 10% d’action ! Un chef doit savoir s’entourer et arbitrer avec sagesse et … sans peur !


La crise sanitaire qui touche le monde entier annonce probablement si ce n'est la fin d'un cycle, tout au moins un grand tournant.


Un grand malheur permet de révéler la nature humaine dans ce qu'il y a de plus beau... et le reste. Les manifestations d'amour, de compassion, d'empathie et de solidarité sont extraordinaires et heureusement ne pourront pas être effacées par des comportements d'égoïsme, de bêtise et de haine.


Quand cette pandémie sera résolue, nous aurons à gérer une autre crise sanitaire sur la santé en général, notamment le moral, parallèlement à une crise économique et une crise sociale.


La stratégie adoptée est fonction des armes disponibles et des caractéristiques des sociétés. Il n’y a pas de vérité dans les décisions prises. Même les plus contestées et les plus contestables ont une part de vérité. A l’aube d’une possible 2e vague, il serait bon que toutes les intelligences dialoguent sans dogmatisme de la pensée unique, au delà des égos, au delà des intérêts.


Nous vivons un moment de vérité. Le monde de demain ne sera plus le même que celui d'hier pour toutes les raisons énoncées et parce qu’une révolution des consciences se dessine !


Docteur Jean-Marie Tung


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